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Le Mahābhārata - Jean-Claude Carrière - Jean-Marie Michaud (2019)


Le Mahābhārata est un récit de 90000 strophes compris dans 18 livres et 97 annexes qui conte la lutte fratricide sans merci qui opposait les pāṇḍava, fils de du roi Pāṇḍu, et les kauravās, fils de Dhṛtarāṣṭra, tous deux frères. Ecrit quelques siècles avant notre ère chrétienne par un auteur nommé Vyāsa, Il s’agit d’un des plus grands poèmes jamais écrit, un des textes fondateurs de l’hindouisme.

Jean-Claude Carrière (scénariste) et Jean-Marie Michaud (dessinateur) se proposent de nous raconter cette épopée en bande dessinée.

Essayons d’y voir clair…

La légende raconte que Vyāsa est le fils de Satyavati, reine enfantée d’un ventre d’un poisson qui avait, par mégarde, avalé le sperme d’un roi lâché (le sperme, pas le roi !) par inadvertance par un faucon qui devait le ramener à sa reine. Satyavati devenue grande, malgré sa forte odeur de poisson, fit l’amour avec un ermite, et donna naissance à Vyāsa, le conteur de cette histoire.

Attention, ça se complique…Remontons un peu le temps. Le roi Santanu, alors aimé des dieux, s’est vu offrir un fils de la part de la déesse Ganga, divinité du fleuve. Ce fils, Bhishma, parfait et aimé par toute la cour, se destinait à être un grand roi. Oui, mais voilà, son père Santanu, tomba amoureux de Satyavati et souhaita se marier avec elle. Mais le père de Satyavati, le pécheur qui la récupéra du ventre du poisson, refusa par crainte que sa fille donne des fils au roi Santanu, qui deviendront alors des rivaux de Bhishma. Chose inconcevable ! Bhishma fit alors le serment de renoncer à l’amour de ne jamais avoir d’enfants. En contrepartie, Bhishma reçu le pouvoir de mourir quand il le désirerait. Satyavati eu un fils avec Santanu. Trop fragile, il mourut jeune. Seul restait alors Vyāsa pour assurer la descendance royale de Satyavati.

Vyāsa eut alors deux enfants de deux princesses différentes : Dhṛtarāṣṭra, l’aveugle, et Pāṇḍu, le blême. Pāṇḍu, le second né, fût nommé roi et se maria avec deux princesses, Kunti et Madri. De Madri, il eut deux enfants et de Kunti lui donna trois enfants, tous obtenus dit la légende, par la récitation d’un mantra qui invoqua les dieux pour chacun de leurs enfants. Dhṛtarāṣṭra, le second fils de Vyāsa, lui, se maria avec Gandhari, qui fit le serment de rester les yeux bandés toute sa vie, par respect pour son époux. Ensemble, ils eurent 100 enfants, dont le premier né, Duryodhana se révéla être vil et jaloux.

Ne racontons pas plus. Laissons nous embarqués par Jean-Claude Carrière et Jean-Marie Michaud dans la suite de cette épopée, car bien entendu, les fils respectifs des fils de Vyāsa, vont se disputer le pouvoir et la couronne.

Cette interprétation du Mahābhārata se révèle être bien plus accessible qu’il n’y parait grâce aux planches splendides de Jean-Marie Michaud et aux textes de Jean-Claude Carrière. Nous avons aimé ce pavé de 440 pages qui peut impressionner, mais que l’on ne lâche plus une fois commencé. Exercice osé, compte-tenu de l’ampleur de l’œuvre originelle. Mais réussi pour qui veut en savoir un peu plus sur le contexte général du texte extraordinaire qu’est la Bhagavadgītā, chapitre du 6ème livre du Mahābhārata. Avec beaucoup d’humour parfois, voire de détachement, nous nous laissons happer dans cette épopée palpitante.

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